Il y a quelques jours, je suis allée à un HYROX pour la première fois.
Je n’y participais pas. J’étais venue encourager une connaissance.
Et pourtant, en ressortant, j’avais une envie assez inattendue :
faire un HYROX moi aussi.
J’étais portée par cette énergie collective.
Par l’énergie du lieu.
Par la musique.
Les encouragements.
L’intensité.
Et surtout, par ces personnes que je voyais aller chercher quelque chose en elles-mêmes, encore et encore.
Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, le HYROX est une compétition de fitness qui alterne huit kilomètres de course et huit stations d’exercices fonctionnels. Le format est identique d’une course à l’autre, permettant de comparer les performances à l’échelle mondiale. L’événement est aussi pensé comme une véritable expérience de stade, avec le public présent tout autour des participants.
Et ça fonctionne.
J’ai eu envie d’en faire partie.
Puis une autre question m’est venue :
Pourquoi avons-nous parfois tellement envie de nous dépasser ?
Le plaisir de se dépasser
Je vois surtout du positif dans le fait de vouloir relever un défi.
Se fixer un objectif.
S’entraîner.
Progresser.
Découvrir que l’on est capable de faire quelque chose que l’on pensait impossible.
Tout cela peut être profondément gratifiant.
Et le HYROX a quelque chose de particulièrement stimulant : tout est lisible.
Un kilomètre.
Une charge.
Un nombre de répétitions.
Un chrono.
Une ligne d’arrivée.
On sait exactement ce que l’on est venu accomplir.
Et lorsque l’on voit les autres le faire, on peut se demander :
Et si moi aussi, j’en étais capable ?
La présence des autres et les encouragements peuvent influencer la motivation et la performance dans beaucoup de situations sportives.
C’est probablement aussi ce qui m’a happée.
J’ai eu envie de faire partie de cette énergie.
Le problème n’est pas la performance
Mon propos n’est pas de remettre en question le HYROX. Le mouvement, l’effort, le dépassement de soi et la compétition sont souvent de formidables expériences.
Ce qui m’intéresse, c’est cette question :
Que se passe-t-il lorsque la performance devient notre manière principale de nous occuper de notre corps ?
Quand bouger ne suffit plus.
Quand il faut progresser.
Quand progresser ne suffit plus.
Quand il faut optimiser.
Et quand même notre temps de repos finit par devenir quelque chose à mesurer, planifier ou rentabiliser.
Un corps devenu projet
Nous vivons dans une époque où il est devenu facile de mesurer, comparer et optimiser notre corps.
Les kilomètres parcourus.
Les calories brûlées.
Les pas effectués.
Les heures de sommeil.
La fréquence cardiaque.
Le nombre de séances.
Le chrono.
Le classement.
Les applications et les montres nous donnent en permanence des chiffres pour suivre nos progrès. Et il y a quelque chose de profondément motivant là-dedans : voir que l’on progresse, se fixer un objectif, repousser ses limites.
Mais à force de tout mesurer, une autre logique peut s’installer.
Celle où l’on a toujours quelque chose à améliorer.
Un peu plus vite.
Un peu plus longtemps.
Un peu plus lourd.
Un peu plus fréquemment.
Comme si le corps n’était jamais tout à fait assez.
Et c’est peut-être là que la question devient intéressante :
À quel moment le plaisir de se dépasser devient-il l’obligation de toujours faire davantage ?
Et si nous avions aussi besoin de ne rien avoir à prouver ?
C’est ici que mon regard de danseuse professionnelle entre en jeu.
Pendant plus de douze ans, mon corps a été mon outil de travail.
J’ai appris à le maîtriser.
À le renforcer.
À chercher toujours plus de maîtrise et de précision.
À repousser mes limites.
À être performante.
J’ai aimé cette exigence.
Elle m’a construite.
Mais elle m’a aussi appris quelque chose :
Un corps peut être capable de beaucoup, sans avoir besoin d’être constamment poussé plus loin.
Aujourd’hui, c’est précisément ce qui me touche dans le MUNZ FLOOR.
Ralentir n’est pas faire moins
Le MUNZ FLOOR propose une expérience à contre-courant.
On s’allonge.
On se laisse guider par la voix.
Les mouvements sont lents, spiralés et multidirectionnels.
Il n’y a pas de miroir, pas de chorégraphie à reproduire, pas de posture à réussir. La pratique est entièrement guidée par la voix, ce qui permet de déplacer l’attention vers ce qui se passe à l’intérieur du corps.
Et c’est là que la lenteur devient intéressante.
Quand un mouvement ralentit, on a davantage de temps pour sentir ce qui se passe pendant qu’on bouge.
Les appuis.
La respiration.
Les trajectoires.
Les zones de tension.
Les changements les plus subtils.
La lenteur ne signifie donc pas absence d’engagement.
Elle change la nature de l’engagement.
Quand il n’y a rien à réussir
C’est peut-être ce qui me paraît le plus précieux.
Pendant une séance de MUNZ FLOOR, le corps n’a pas de résultat à produire.
Pas de chrono.
Pas de classement.
Pas de mouvement parfait.
Rien à prouver.
Et lorsque l’on retire cette exigence, l’attention peut changer.
Au lieu de demander :
« Jusqu’où puis-je aller ? »
on peut commencer à se demander :
« Que se passe-t-il quand je ralentis ? »
Et parfois, cette simple question ouvre un tout autre rapport au mouvement.
La lenteur comme expérience physiologique
Cette sensation d’apaisement ne repose pas uniquement sur une impression subjective.
Une étude publiée en 2026 dans Frontiers in Physiology a étudié les effets immédiats d’une séance de 60 minutes de MUNZ FLOOR chez 33 adultes en bonne santé. Les chercheurs ont comparé les participants après une séance de MUNZ FLOOR et après une heure de repos allongé.
Après la séance de MUNZ FLOOR, la fréquence cardiaque avait davantage diminué et certains marqueurs de variabilité cardiaque associés à l’activité parasympathique avaient augmenté. Ces changements étaient plus importants que ceux observés après une heure de repos immobile.
Autrement dit, bouger doucement pourrait favoriser un état physiologique associé à l’atténuation de l’impact du stress et de la fatigue.
Du corps qui performe au corps que l’on habite
J’ai eu envie de faire un HYROX.
Et je pourrais très bien finir par le faire.
Parce que j’aime cette sensation d’effort et de dépassement.
Mais je crois aujourd’hui que nous avons besoin des deux.
Il y a des moments où nous avons envie de pousser notre corps.
Et d’autres où nous avons besoin de lui offrir exactement l’inverse.
Ne pas lui demander plus.
Ne pas chercher à progresser.
Ne pas chercher à battre un record.
Juste lui laisser un peu d’espace.
Et si prendre soin de son corps, c’était parfois arrêter de lui demander de performer ?
C’est peut-être ce que le MUNZ FLOOR m’a le plus appris.
Le corps n’est pas toujours un projet à améliorer.
Il peut aussi être un endroit où revenir.
Un endroit à écouter.
À explorer.
À habiter.
Le corps bouge.
La respiration trouve son rythme.
Les tensions peuvent se relâcher.
Et tout ce qui nous pousse habituellement à aller plus vite peut, enfin, ralentir.
Peut-être que la question n’est donc pas :
« Est-ce que je peux en faire plus ? »
Mais parfois simplement :
« De quoi mon corps a-t-il besoin aujourd’hui ? »
Et vous ?
Peut-être que vous avez besoin de vous dépasser.
Peut-être que vous avez besoin de ralentir.
Ou peut-être des deux.
Je propose des cours de MUNZ FLOOR à Mérignac, au Studio OSÉA, et en ligne.